« Avec Kafka, Proust et Joyce, il aura été l’un des plus grands écrivains du siècle. Il aimait dire qu’il n’était jamais sorti de la bibliothèque de son père. Ce grand voyageur qui, depuis que la cécité totale l’avait atteint et qu’il avait dépassé largement les soixante-dix ans conseillés par la Bible, ne restait pas en place. Tout homme de génie semble avoir un destin particulièrement curieux, peut-être parce que les événements qui ont tissé sa vie dévoilent, rétrospectivement, un caractère prémonitoire. Dans le cas de Borges, tout à l’air calmement inéluctable. Il avait senti depuis toujours, dès la prime enfance, que son destin serait littéraire, exclusivement littéraire… »